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Reims-Gueux : l’histoire du circuit le plus rapide de France

9 oct.
4 min de lecture
T-shirt Reims-Gueux 1963

En traversant la campagne à l’ouest de Reims, on tombe sur un décor étonnant : des tribunes, des stands et une ancienne tour de chronométrage alignés le long d’une route départementale. Ce sont les vestiges du circuit de Reims-Gueux, l’un des plus rapides que la Formule 1 ait connus.


Un triangle de routes ultra-rapides


Le circuit était formé de routes ouvertes à la circulation, reliées en un grand triangle. Ses longues lignes droites permettaient des vitesses de pointe considérables. Les voitures roulaient en peloton, profitant de l’aspiration, et les courses se jouaient souvent dans les derniers mètres.


Les grandes heures de la F1


Reims accueille le Grand Prix de France à de nombreuses reprises entre 1950 et 1966, en alternance avec Rouen et d’autres circuits. Plusieurs éditions sont restées célèbres.


  • 1953 : Mike Hawthorn, sur Ferrari, bat Juan Manuel Fangio après un duel roue contre roue de plusieurs tours. Une course souvent qualifiée de « course du siècle ».

  • 1958 : dernière course de Fangio, qui met un terme à sa carrière après ce Grand Prix.

  • 1963 : victoire de Jim Clark sur la Lotus 25, en route vers son premier titre mondial.

  • 1966 : dernier Grand Prix de France disputé à Reims, remporté par Jack Brabham sur une voiture à son nom.


Plus qu’un circuit de F1


Reims accueillait aussi des courses d’endurance, dont les 12 Heures de Reims, et de nombreuses épreuves de voitures de sport et de monoplaces des catégories inférieures. Le circuit ferme définitivement au début des années 70, dépassé par l’évolution des exigences de sécurité.


Des tribunes toujours debout


Contrairement à beaucoup de circuits disparus, Reims-Gueux a conservé ses bâtiments emblématiques. Grâce au travail de bénévoles passionnés, les tribunes et les stands ont été restaurés et sont devenus un lieu de pèlerinage pour les amateurs de sport automobile.


Reims-Gueux 1963, notre hommage


Le visuel Reims-Gueux 1963 associe l’architecture du circuit et une monoplace d’époque, dans l’esprit des archives des années 60. Il existe aussi en sweat à capuche.


Des courses dès l’entre-deux-guerres


L’histoire de Reims comme haut lieu du sport automobile commence bien avant la Formule 1. Dès l’entre-deux-guerres, le Grand Prix de la Marne attire les meilleures voitures et les meilleurs pilotes de l’époque sur les routes autour de Gueux. La région, déjà réputée pour son champagne, y gagne une seconde renommée.


Après la guerre, le circuit est modernisé et se dote des tribunes et des stands que l’on voit encore aujourd’hui. Il devient l’un des rendez-vous majeurs du calendrier européen, aussi bien pour les monoplaces que pour les voitures de sport.


Les 12 Heures de Reims, une course à part


Parmi les épreuves les plus marquantes figurent les 12 Heures de Reims. Leur particularité : le départ était donné à minuit, si bien qu’une bonne partie de la course se disputait dans l’obscurité, avant que le jour ne se lève sur la plaine champenoise. Les voitures de sport et de grand tourisme y livraient des batailles acharnées, devant un public qui passait la nuit au bord du circuit.


Fangio et Reims, un adieu respecté


Le Grand Prix de France 1958 reste lié à une anecdote souvent racontée. Juan Manuel Fangio, quintuple champion du monde, y dispute la dernière course de sa carrière. En fin d’épreuve, Mike Hawthorn, en tête, aurait levé le pied pour ne pas prendre un tour au maître argentin, par respect. Une scène qui résume l’esprit chevaleresque de l’époque.


Reims et Rouen, la rivalité normande et champenoise


Dans les années 50 et 60, le Grand Prix de France alterne principalement entre Reims et Rouen-les-Essarts. Deux circuits routiers aux caractères opposés : Reims, plat et ultra-rapide, favorise la puissance et l’aspiration ; Rouen, vallonné et sinueux, récompense le pilotage. Cette alternance donne au championnat une grande variété et laisse des souvenirs très différents aux pilotes comme aux spectateurs.


La sauvegarde du patrimoine


Après la fermeture du circuit, les bâtiments auraient pu disparaître. Ils ont au contraire été sauvés grâce à l’engagement d’une association de passionnés, qui a restauré les tribunes, les stands et leurs peintures publicitaires d’époque. Le site est aujourd’hui un lieu de visite incontournable pour les amateurs d’histoire automobile, et accueille ponctuellement des rassemblements de voitures anciennes.


Une visite à combiner avec la Champagne


Les tribunes se trouvent à quelques minutes du centre de Reims. Une visite du site se combine facilement avec la découverte de la cathédrale de Reims et des maisons de champagne. Pour un passionné, c’est l’occasion de marcher le long des stands où se sont arrêtés Fangio, Moss, Clark ou Hawthorn, et d’imaginer le bruit des moteurs à pleine vitesse sur la ligne droite.


Une ligne droite au cœur de la plaine


La longue ligne droite qui menait à l’épingle de Thillois, juste avant les stands, était l’un des endroits les plus spectaculaires du circuit. Les monoplaces y arrivaient en file indienne, profitant au maximum de l’aspiration, avant de freiner fort pour l’épingle. Les dépassements se jouaient souvent au freinage, au dernier moment, sous les yeux des spectateurs massés dans les tribunes.


Ce type de course, très tactique, faisait de Reims un circuit à part. Il ne suffisait pas d’avoir la voiture la plus rapide : il fallait savoir se placer dans le sillage d’un adversaire et choisir le bon moment pour attaquer. Les arrivées serrées, parfois à quelques dixièmes, étaient fréquentes.


Pour les amateurs de sport automobile, Reims-Gueux reste un lieu de mémoire à part entière, où l’on vient autant pour l’histoire que pour l’émotion de se tenir là où les plus grands ont couru.



Questions fréquentes


À l’ouest de Reims, dans la Marne, sur les communes de Gueux et des environs.

Les bâtiments sont visibles depuis la route et font l’objet de manifestations organisées par des passionnés.

En 1966.

Une course d’endurance pour voitures de sport et de grand tourisme, dont le départ était donné à minuit.

Ses routes rapides et sans dégagements ne répondaient plus aux exigences de sécurité modernes.


 
 
 

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